Appel aux acteurs de l’économie solidaire en Ile de France.


La récente mise en place du Centre de ressources de l’économie sociale et solidaire de la région Ile-de-France (CRESS) a démontré les difficultés rencontrées par les acteurs de ce secteur à dépasser leurs clivages.

Détenant six postes de droit au sein du 2e Collège, le premier collège étant réservé aux acteurs institutionnels, les membres de la CRES (Chambre Régionale de l’Economie Sociale ont également candidaté au sein du 3e Collège, obtenant trois des six postes à pourvoir. Les autres postes sont revenus à l’Union Régionale des Entreprises d’Insertion (UREI), au groupe SOS et au réseau Coopérer pour Entreprendre. Le bilan est amer et dénature l’objet même du Centre de ressources. A ce jour, les valeurs et les pratiques de terrain portées par les acteurs de l’économie solidaire ont été oubliées au profit des rapports de forces et enjeux de représentation qui ont prévalu à la constitution du Centre de ressources. Le Centre est ainsi devenu un espace de représentation des seuls acteurs de l’économie sociale. Doit-il le rester ?

Le secteur de l’économie sociale et solidaire est en perpétuelle évolution. Ses composantes sont diverses et ne disposent pas des mêmes forces. Structurée depuis de longues années, l’économie sociale a créé de puissants outils de représentation. Plus récent, le champ de l’économie solidaire est pluriel : régies de quartier, réseaux de commerce équitable, restaurants associatifs, structures culturelles, structures de finance solidaire, initiatives de santé mentale, organisations de solidarité internationale, regroupements territoriaux, groupes d’appui et de recherche... autant d’acteurs et d’initiatives, qui se reconnaissent dans un projet de transformation sociale et de lutte contre les inégalités, et sont porteurs d’une dynamique de constructions d’alternatives pour résister au modèle économique dominant producteur d’exclusion et de précarité. Si elle représente sa force sur le terrain, cette diversité de l’économie solidaire constitue une faiblesse dans le cadre des jeux institutionnels.

Le secteur de l’économie sociale et solidaire ne peut et ne doit pas se construire sur les rapports de force, la concurrence et la mise à l’écart, mais bien au contraire sur le respect de la diversité. L’occasion manquée du Centre de Ressource peut devenir l’opportunité de démontrer que la reconnaissance du secteur passe par la construction d’espaces de convergence et par la mise en pratique de principes démocratiques respectueux des singularités et des valeurs portées par les acteurs de l’économie solidaire. S’il ne fait pas la preuve d’un fonctionnement démocratique en son sein, ce secteur ne pourra pas faire reconnaître à plus grande échelle ses projets d’une société plus juste et plus humaine. On ne peut différencier actuellement valeur et mode de faire et d’organisation.

Le CESIF (Collectif pour l’Economie Solidaire en Ile-de-France) appelle les acteurs de l’économie solidaire à participer à sa prochaine rencontre le jeudi 5 avril, à 18h, dans les locaux de Peuple et Culture (108-110 rue Saint Maur 75011 Paris).

Article publié dans: /Communiqués le jeudi 29 mars 2007 à 10:20 par cesif | Lu 1279 fois

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